Modnekeit #8

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Le sol sous mes pieds se mit à craqueler, formant autant de morceaux épars qui virvoltèrent lentement, comme au ralenti, niant la gravité. Les murs dans leur laideur monochromique se délavèrent, s’effritant à une vitesse comparable avec le plancher.

– Et moi qui vous croyez experte pour créer des dimensions altérées docteur Ozraf ! dis-je à l’adresse de Sophia.
– Si je l’avais pas été docteur Klum, vos chevilles seraient probablement à plusieurs dizaines de mètres au sol malgré qu’elles soient gonflées comme des ballons.
– Est-de la chance ?
– De la chance ? La dimension tient et je n’en ai pas fini avec toi, aussi ne te formalise pour si peu. C’est…
– C’est la Modnekeit ?
– À toi de me dire Éli ? Qui détruirait un monde…
– Un «monde» ? Aurais-tu le complexe du démiurge ?
– Cesse de m’interrompre ! Je te rappelle que ta personnalité est en partie responsable de notre divorce…
– … de même que ton manque d’humour !
– Bordel !

Elle est tout de suite plus mignonne lorsqu’elle se met en colère. Ses pommettes rougissent aussi vite que ses yeux s’humidifient, ses lèvres se gonflent et sa voix passe aux aiguës… Elle a d’ailleurs cette tendance à fermer ses petits poids et à les agiter très vite devant elle, comme si elle rossait qui lui ferait remarqué qu’elle ressemble à une petite fille. Une petite fille quelque peu espiègle, tant elle prend un malin plaisir à enfermer ses ennemis dans une dimension parallèle et les supplicier éternellement. Mais plus que le courroux de la déesse de cette dimension précaire, je redoutais qu’une autre entité ait profité que je perde momentané mon ombre pour mettre à l’oeuvre ses obscurs desseins.

– Quant à détruire…
– Tu ne t’arrêtes jamais ?
– Malgré les déductions d’Einstein et Rosen, les univers ne sont reliés à l’espace-temps. Comme je m’évertue à te le répéter depuis que je te connais, on ne peut pas « détruire » le monde qu’au sein de celui-ci puisque toute destruction de matière suppose l’espace et le temps, sans quoi le monde en question serait indestructible et éternel par nature.
– Il faut être reconnu dans ce monde ! s’alarma Sophia, comprenant enfin où je m’en allais.
– Pas toujours, pas nécessairement… Notre agresseur peut être soit à l’extérieur et tente de l’annuler. Soit…
– Soit ?
– Soit, il l’a reproduit et créer une infinité de ponts afin de le découdre.
– Tu insinues que…
– … que je crains que ce soit mon vieil ami, celui qui a fait de moi ce que je suis.

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Modnekeit #7

Bilboquet Reunion

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C’était un de ces jours de printemps où des trompes d’eaux irriguent le paysage laissé dénudé par l’hiver. Sophia et moi marchions déjà depuis un bon moment déjà, en silence puisque nous n’avions rien à dire.

Cette marche ne se destinait pas à combler l’ennui de quelques pas. En effet, nous avions pris cette habitude de nous promener dans le quartier, tous les soirs après dîner. L’heure, l’itinéraire, la durée de l’effort … tout cela importait peu tant que nous nous transportions pour quelques instants loin de notre réalité quotidienne, routinière. À ce moment – et à ce moment uniquement – nous abordions cet épisode qui fit basculé notre vie. Le reste du temps, nous n’en parlions pas puisqu’il fallait bien continuer à vivre.

Le chat qu’elle aperçut, blessé, agonisant, n’avait justement plus pour très longtemps. Elle accourut vers la pauvre créature, dressant son parapluie à l’encontre qu’un abruti  qui s’apprêtait à lui marcher dessus.

–  Ce n’est qu’un chat ! rétorqua-t-il aux insultes de Sophia.
– Dégage ! lui asséna-t-elle.

L’inconnu disparaissant, elle lâcha son parapluie et se mit à pleurer en caressant le corps mutilé de l’animal. Plus qu’à la vue de ses blessures sanguinolente, mon cœur se resserra lorsque Sophia se retourna vers moi. Ses grands yeux noisettes humectés, ses mèches de cheveux qui débordaient de son chapeau et qui avait d’être raides faute de la pluie, ses bottes en plastique et son ciré jaune lui donnaient l’air d’un gamine triste.

– Je … je sais … je sais que ce n’est pas le sujet… Mais pour combien de temps a-t-il encore à vivre, me demanda-t-elle ?
– Deux heures, lui rétorquai-je.
– S’il te plaît, fais quelque chose… Et ne me dit pas comme l’autre connard : « ce n’est qu’un chat ! » Ce n’est pas qu’un chat, c’est…

Je n’avais pas besoin d’entendre son argumentaire. Nous venions de perdre un enfant.
– Sophia… chat ou non, il y aura des conséquences.
– Fais le !
Je venais de perdre un enfant, alors je m’exécutai sans le moindre discernement.

Mais vingt-cinq après, je devais faire face à ma propre tristesse. Aussi, avouai-je à Sophia :
– Tu sais, quand j’ai ressuscité Bilboquet.
– De quoi parles-tu Éli ?
– De Bilboquet…  le chat que tu as trouvé à proximité de l’horloge astronomique.
– Je sais qui est Bilboquet, mais ne change pas de sujet ! Je…
– «Ressusciter» n’est pas vraiment le mot adéquat, puisqu’il s’agit plutôt d’un migration spirique. On ne ressuscite pas un chat, on crée plutôt «la possibilité d’un chat».
– Quoi ?
– Sophia, je…
– Qu’est-ce que tu veux me dire à la fin ?
– Je suis une aberration comme Bilboquet.

Modnekeit #6

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Crédit photo : Auteur inconnu

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Pour moi, la mort n’a jamais été ce cheminement simple mais tragique, qui suspend l’existence depuis la naissance jusqu’au trépas. Depuis que je suis, j’ai failli mourir cinq fois. Mais par deux fois, une entité qui dépasse la raison a décidé de me ramener à la vie.

Enfin… «Ramener à la vie» est là une expression quelque peu galvaudée. Disons que ces entités se sont efforcées que je résiste – parfois contre ma propre volonté – au funeste destin de tout être vivant.

Puisque j’ai dérogé maintes fois aux règles qui régissent la vie et la mort, je ne suis plus certain que je puisse être compté au nombre des êtres humains. Malgré moi, je suis devenu quelque chose semblable à ce chat mis en boîte par un physicien.

«Ni mort, ni vivant ; ni vivant, ni mort… bien au contraire», c’est ainsi que Sophia eut défini mon état lorsqu’elle me secourut pour la première fois.

Puisqu’il est extrêmement complexe de dire qui est Sophia et pourquoi elle a interféré avec mon destin à trois reprises sans sombrer dans les raccourcis qu’elle abhorre, disons qu’elle sert d’intercesseur entre ce qui est et ce qui ne devrait pas être. Sans que mon propos ait une quelconque connotation péjorative,  Sophia appartient plutôt à la seconde catégorie.  Mais à la différence d’une Modnekeit, elle assure avoir été humaine avant.

Bien que «avant» soit également un raccourcis :
– C’était quand avant ? lui ai-je un jour demandé, et ce bien après que notre divorce eut été prononcé.
– Si tu veux une réponse qui en soit une ; c’est-à-dire une réponse précise, le «quand» devrait être complémentaire au «où»…
– Soit… Quand et où ?
– Dans ton futur, pas dans ton monde.
– Je n’appelle pas ça une réponse «précise»…
– Tu sais Éli, j’aimerai répondre à toutes tes interrogations dès que tu auras répondu à la mienne.

Dans ce décor monochrome, gris, Sophia réitéra donc sa question :
– Comment as-tu invoqué la première Modnekeit ?
–  Donc, tu m’as fait grimper à cette échelle pour qu’on reprenne cette conversation stérile ?
– Erreur ! Cette conversation ne peut pas reprendre puisque ça fait des décennies que tu  obstines à ne jamais la commencer.
– Tu vis dans la passée ma pauvre !
–  Le passé ? Est-ce qu’il faut que j’oblitère aussi le fait que toi et cette entité projetiez de détruire le monde – mon monde !
– Nous étions déjà séparé…
– Ce n’est pas le propos…
– Alors permets-moi d’y couper court : je ne veux PAS en parler.
– Très bien… dit-il en me menaçant d’un index. Disons que cette discussion, c’est de l’histoire ancienne. « Rien est arrivé ! » comme tu as le tendance à le dire.  De quoi doit-on parler alors ? Oh ! J’ai une petite idée… De l’autre créature que tu trimbales dans ma putain de réalité…

Modnekeit #5

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Amour bis by  Benny Wissembourg

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Un carré de soi comme seule couverture glissait de ses jambes, laissant découvrir ses cuisses. Son corps s’enlisait sur le divan, lequel épousait toutes ses courbes à galber sa poitrine, laquelle pointait sous ce drap de presque rien. Ses cheveux longs, d’un noir ébène, ondulaient sur ses épaules dénudées. Les yeux plissés et humides, la bouche entre-ouverte, elle venait de se réveiller.

– Un «triste passé» ? fis-je en pouffant.
– Oui ! Comment mieux définir ta femme ?
– Ma femme ? Je me souviens avoir divorcé.
– Éli, Éli, Éli… répéta-t-elle tout en nouant son carré autour de la gorge. Que t’ai-je dit lors de notre nuit de noces ?
– Qu’on meurt, mais qu’on ne te quitte jamais.
– Précisément… Où en es-tu avec tout cela ?
– Le monde ne veut pas me laisser mourir, par contre je t’ai bel et bien quitté…
– Un instant !

Elle ramassa ses talons au pied du sofa, prit le temps pour arranger sa coiffure, soin de son maquillage, puis se leva en m’invitant à la suivre dans ce décor uniformément gris. Ça ressemblait à un long couloir sans fenêtre, sans rien d’autre qu’un horizon aussi vide que maussade.

– Tu fais toujours les choses à l’envers mon pauvre Éli…
– C’est ce que me disait ma mère.
– Elle va bien ?
– Elle est morte dans mes bras…
– De vieillesse ? J’ai l’impression qu’elle était super vieille !
– Vieille ? En comparaison de quoi ? De toi ?
– Sois un peu sérieux Éli…
– Elle est morte à Majdanek ! soupirai-je.
– Mon pauvre, tu es né juif au mauvais moment.
–  Y a-t-il eu un bon moment pour naître juif ?

S’arrêtant tout de go, au point que je manquai de la bousculer, elle se mit à réfléchir  :

– Je crains que tu marques un point. Mais reparlons plutôt de ta mort à toi…
– Oui, parlons-en… Pourquoi j’ai comme la sensation que tu es responsable de ce truc qui grouille dans mon ombre ?
– Éli, je ne peux pas toujours être tenue pour responsable de ton destin…

Modnekeit #4

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Variation sur le projet Sky Ladder par Cai Guo Qiang

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Le sol nous collait aux basques. À considérer la pestilence ambiante et la couleur verdâtre sous nos semelles, je supposais qu’il devait y avoir des algues dans ce mélange de sable et de boue. Mais la mer semblait loin puisque le vent ne se levait pas, puisque l’iode manquait.

C’était vraisemblablement la nuit des absents car même la lune se faisait d’oublier dans ce brouillard épais. Je marchais dans les talons de mon guide, une main sur son épaule, alors que celui-ci s’évertuait à balayer ce paysage crépusculaire de sa lampe de poche.

De temps à autre, il s’arrêtait et m’avertissait sur la présence d’un dénivelé, d’une montée, d’un trou :
– Là, annonçait-il, il va falloir être prudent.
Je l’étais. Surtout que je ne pouvais pas compter sur Modnekeit. Cette anomalie aux lois qui régissent le monde subsistait dans mon ombre et, d’ombre, il y en avait point ou trop rarement.

Au hasard d’un rayon de Lune qui se faufile dans la noirceur opaque, je l’entendais grommeler  :

 ! שמאָק

(Je ne traduirai pas)

! בוּבקעס

(Je ne traduirai pas)

! שלעמיל

(Je ne traduirai pas)

Mais alors que nous étions arrivé à « mi-chemin » selon notre guide – c’est-à-dire nulle part – celui-ci éteignit sa lampe de poche. Il faisait si noir que je ne distinguais pas même mes pieds. J’allais m’insurger, mais le guide ne me laissa pas le temps de râler : il plaça mes mains sur une barre en métal, puis me glissa à l’oreille :
– Montez à cette échelle, il veut vous voir sans cette aberration qui vous traîne dans vos pieds.
– Qui est ça « il »?
– Il m’a dit de vous répondre : « Un triste passé ».
– Je n’ai de passés que de tristes.
– Je suis désolé pour vous.
– Vous m’excuserez donc si je préfère aller autre part.
– Alors, il vous faudra trouver votre chemin seul.
– Je croyais que vous étiez le « résultat imparfait d’une expérience » selon les mots de Modnekeit, et que vous n’existiez justement pour nous indiquer le chemin.
– Tout ceci est vrai, mais faut-il faire quelques nuances. La première d’entre elles tient au fait que je ne suis pas l’expérience de votre hôte.
– C’est vrai qu’il ne me l’a pas confirmé…
– Et la seconde tient une considération relative à l’espace-temps. L’un d’entre eux vous l’expliquera mieux que moi. Mais il importe peu que vous fassiez le chemin ensemble, ou en même temps. Par contre…
– Je comprends ! l’interrompis-je. Allons écouter celui du haut maintenant, on pourra toujours se faire rabrouer par celui du bas plus tard. Du moins… je peux revenir ici ?
– Désolé, mais ça je l’ignore.
J’hésitai une seconde, puis finis par dire à mon interlocuteur :
– Je retomberai bien sur mes pieds !

Modnekeit #3

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Crédit photo : Ryan McGuire.

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Les bras ballants, les yeux vitreux,  le nez pointant sur ses pieds, seule une grimace en forme de dégoût aux commissures des lèvres épargnait à cet inconnu l’air d’être totalement idiot.

– Qui est cette personne au juste ? eus-je fait l’erreur de demander.
– “Personne” serait un peu exagéré le concernant, corrigea Modnekeit…
– Cette “entité”, alors ?
– Là encore, je crains que ce ne soit pas le mot approprié…
– Qu’est-ce qui le serait ? soupirai-je.
– Je ne pense pas que ton vocabulaire comporte le mot adéquat.
– On peut pas l’appeler “bidule”, tout de même ? maugréai-je.
Modnekeit hésita un instant. Il avait cette tentation à la trivialité, mais ne parvenait pas à s’y plier.
– Non, certes… Bien qu’il n’en demeure pas moins un outil.
– Mais un outil pour qui ?
– Là encore, “qui” suggère…
– Donc “quoi” ? interrompis-je Modnekeit, lassé de ces débats sémantiques.
– “Quoi”, c’est encore un peu…
– Alors quoi ? haussai-je la voix.
– “Quoi”, disais-je…
– Qu’est-ce que c’est ?! finis-je par crier, excédé.

L’intéressé leva le doigt, non vraiment comme le premier de la classe qui détient la réponse, mais plutôt comme une cancre qui cherche à faire converger les regards vers lui en démontrant qu’il peut se prêter au jeu.
– Si je puis me permettre…
– Permettez-vous, l’autorisa Modnekeit.
– Vous vous questionnez sur ma nature, mais je constate que la vôtre est plutôt étrange.
Finalement, je me dis que l’inconnu n’était pas si demeuré qu’il en avait l’air, et ce bien que les altérations de mon ombre oscillèrent pour démentir mon constat, aussi certainement qu’un son en vrombit pour affirmer :
– Il n’y a rien de “naturel” en nous !
– Vous êtes bien chipoteur, releva l’inconnu.
– Merci ! lâchai-je.
– On se moque de votre avis ! Vous n’êtes que le résultat imparfait d’une expérience !
– Ton expérience ? demandai-je à Modnekeit, mais celui-ci ne daigna pas me répondre.
– Certes, acquiesça l’inconnu. Mais si je puis me permettre, un humain est le résultat imparfait d’une expérience que peut-être l’amour.
Finalement, Modnekeit céda à la trivialité :
– Tu n’existes pas crétin, sauf pour m’indiquer où je dois aller ! Alors, l’amour, il passe son chemin….

Modnekeit #2

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Blood field by Benny Wissembourg

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– Maestro ! Musique…

Dé-coup-er, les jambes et les bras
Con-cas-ser, le crâne et les os
La-cé-rer, les yeux et la peau
On mas-sacr-e toujours avec joie

Modnekeit chantait à tue-tête, sautant à cloche-pieds dans mon ombres et balançant ses bras au milieu des silhouettes qui jonchaient le sol.

Transpercées, démembrées, morcelées façon “puzzle” ou réduites en cendres, je ne parvenais pas à m’émouvoir pour les victimes. Peut-être parce que je suis mort moi-même ? Peut-être parce que les soldats me sont toujours apparus comme de funestes pantins dont la vie s’anime ou le trépas se perd dans les fils d’un décor plus macabre que le mien ?

En parlant de décor, celui-ci me faisait  penser à un marais où l’hémoglobine appartenait tant et si bien à l’écosystème qu’elle imprégnait la terre jusqu’à lui donner une couleur légèrement pourpre. Si l’odeur ferreuse du sang s’échappait à chacun de nos pas, celle laissée par les machines de guerre plombait d’un relent âcre l’atmosphère devenue  irrespirable.

– Nous y voici  ! s’exclama Modnekeit devant un monstre d’acier.

Si le char était tout ce qu’il y a de plus fonctionnel, la peinture griffée par des balles, carbonisée par un début d’incendie, en disait long sur l’intensité des combats. Sur son flanc droit, juste au-dessus de la chenille, dégoulinait ce qui ressemblait à un humain ; le visage en moins.

– Et nous voici où exactement ? questionnai-je.
– Là où ta vengeance débute et où ma quête commence.
– Et lui ?
– Lui… Disons que notre ami à la gueule arrachée est une expérience qui s’est mal déroulée. Pas besoin de t’en parler maintenant, c’est mon destin de devoir éternellement me justifier pour cette petite erreur d’appréciation.
– «Erreur d’appréciation» ?
– Oui… La sagesse veut que l’on apprenne de ses erreurs.

Modnekeit désigna une ondulation dans la fumée. Quelqu’un, quelque chose, se frayait un chemin parmi les émanations de la guerre.

– Et justement, reprit-il, en voici une parfaite occasion.