Modnekeit #2

mod2

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– Maestro ! Musique…

Dé-coup-er, les jambes et les bras
Con-cas-ser, le crâne et les os
La-cé-rer, les yeux et la peau
On mas-sacr-e toujours avec joie

Modnekeit chantait à tue-tête, sautant à cloche-pieds et balançant ses bras au milieu de ces silhouettes immobiles et désarticulées qui jonchaient le sol.

Transpercées, démembrées, morcelées façon “puzzle” ou réduites en cendres, je ne parvenais pas à m’émouvoir pour ces victimes. Peut-être parce que je suis moi-même mort, ou bien parce que les soldats sont pour moi de funestes pantins dont la vie s’anime ou le trépas se perd dans les files d’un décor macabre…

En parlant de décor, celui-ci me faisait justement penser à un marais dont l’hémoglobine appartenait à l’écosystème jusqu’à teindre la terre immergée une couleur légèrement rosée. Si l’odeur âcre et ferreuse du sang embaumait l’atmosphère, celle des machines de guerre la rendait tout simplement irrespirable.

– Nous y voici  ! s’exclama Modnekeit devant l’un de ces monstres d’acier.

Sur son flanc, dégoulinait ce qui ressemblait à un humain ; le visage en moins.

– Et nous voici où exactement ? questionnai-je.
– Là où ta vengeance débute et ma quête commence.
– Et lui ?
– Lui… Disons que notre ami à la gueule arrachée est une expérience qui s’est mal déroulée. Pas besoin de te rabâcher l’histoire maintenant, c’est mon destin de devoir éternellement me justifier. D’ailleurs, en parlant de mon destin…

Modnekeit désigna une ondulation dans la fumée. Quelqu’un, quelque chose, se frayait un chemin parmi les émanations de la guerre.

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Modnekeit #1

Poisson

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Nomen est omen (Le nom est présage)
Locution latine.

Lorsque j’ai posé mon regard sur lui, il avait ces ornières noires et vitreuses où il se reflétait l’image immobile du pire. J’étais mort. Du moins, proche de l’être.

– Je regrette déjà de t’avoir invoqué,  ai-je murmuré.
– Me vois-tu humain ?
– À mon grand regret…
– Attention à tes paroles ! Je pourrais être ton Dieu…
– Dieu aurait-il besoin de m’en avertir ?
– Bon point…
– Sache que tu n’es pas la seule Modnekeit (מאָדנעקייַט) qui ait croisé mon destin…
img2– Impressionnant… Quel est ton nom?
– Pourquoi t’embarrasserais-tu du nom d’un cadavre ?
– Exactement pour la même raison que tu cherches à tromper la mort.
– Alors, c’est ça ? Tu veux me posséder ?
– Tu survivras en moi…
– Il faut que tu me venges.
– Tu seras vengé.
– Il faut que tu la protèges !
– J’y veillerai.
– Il faut…
– Je ferai ce que tu veux humain. Que je subsiste dans ta réalité coûte bien les quelques vies que je prendrais et celles que j’épargnerai. Donne-moi donc ton nom.
– Eli Klum, ai-je lâché dans un soupir.
– Ironique ! a-t-il ricané.
– Comme un juif allemand…

La Modnekeit a poursuivi son ricanement jusqu’à ce que ma réalité s’épuise. Tout n’est désormais plus que déliquescence et, si je suis en quelque sort vivant, il me faut raconter ma mort.

New-York, summer 2017  

NYCfromBrooklyn
Skyline of Manhattan from Brooklyn Heights

New York is like a island grounded in North America. By some aspects, it belongs to the continent, and by others – such as its fantasy – the city stands out of it. Among several hundreds pictures, I’ve selected those that illustrate this mild madness of New York.

Each pic has no filter.

 

blurredplutocracy
Blurred plutocracy | 5th avenue
rdvyeallowbird
Rendez-vous with a yellow bird | Central Park
Dancingstreetlife
Dancing street life | Dante Park
10
State-of-art | Metropolitan Museum
1
Fucking tourists | 5th avenue
12
Post-terror ligns | Church Street
7
Like a seagull in New-York | Liberty Island